Choix de l’étalon pour des juments porteuses

Depuis mai 2015, les tests ADN pour déceler nains et hydrocéphales sont disponibles pour les membres.  Chaque espèce animale et chaque race connait ses propres affections héréditaires.  Les tests ADN offrent une aide sérieuse permettant de réduire fortement ces problèmes.  L’année dernière, tant sur le site KFPS que dans le magazine Phryso, et à l’occasion de conférences, beaucoup d’attention a été donnée aux tests ADN, et comment s’en servir dans la pratique.  A l’heure actuelle, alors qu’un grand nombre de juments ont été testées par rapport à ces affections héréditaires, la pratique de l’élevage se pose des questions, précisément sur le choix de l’étalon pour des juments dont le test a démontré qu’elles sont porteuses.  Le but de cet article est d’expliquer une nouvelle fois la procédure à suivre.

Les porteurs ont de la valeur pour l’élevage

Etre porteuse  du gène ne signifie pas pour une jument qu’elle n’ait pas de valeur pour l’élevage.  Le KFPS souligne cela en excluant le fait d’être porteur comme critère pour éliminer un étalon de l’admission.  Maintenant que grâce aux tests ADN les accouplements à risque peuvent être exclus, le fait d’être porteur ne pose plus un grand problème.  L’exclusion des porteurs (étalons et juments) pourrait non seulement causer (de nouveau) une augmentation signifiante de l’endogamie, mais gênerait également l’amélioration de la qualité.

Quel est le rapport entre porteurs et non-porteurs ?

La part des chevaux étant porteurs du gène d’hydrocéphalie et celle porteurs du gène du nanisme est à peu près égale.  Pour chacune de ces affections, environ 1 cheval sur 7 est porteur.  Cette estimation fut déjà faite préalablement, et se voit maintenant confirmée sur base du nombre de chevaux testés.  Le fait d’avoir évité au maximum les accouplements à risque, même déjà avant la disponibilité du test ADN, a eu pour résultat  une proportion de moins de 1% des poulains nés avec ces affections.

La définition d’un accouplement à risque ?

Un accouplement à risque se passe entre un étalon et une jument étant tous les deux porteurs  de la même affection.  Dans le cas d’un tel accouplement, 1 sur 4 (25%) des poulains aura cette affection.  Il va donc de soi que ces accouplements à risque ne doivent pas avoir lieu.  Lorsqu’une jument n’est pas porteuse, la probabilité d’engendrer un nain ou un hydrocéphale est nulle, que l’étalon soit porteur ou pas. 

Comment exclure un accouplement à risque ?

Puisqu’on sait uniquement à propos des étalons admis dès 2014, s’ils sont porteurs ou pas, il y a moyen d’exclure les accouplements à risque en testant les juments, puis de faire le choix de l’étalon en fonction du résultat du test et en concertation avec le propriétaire de l’étalon.  En principe il faudrait tester toutes les juments destinées à l’élevage, mais cela devient particulièrement nécessaire lorsqu’on se sert d’un étalon porteur.  Il va de soi qu’un tel étalon ne peut être utilisé qu’avec une jument dont le test s’est révélé négatif.

Pourquoi ne pas tester tous les étalons ?

La politique du KFPS vise l’exclusion d’accouplements à risque, éliminant ainsi les naissances de nains et d’hydrocéphales.  Si tous les étalons porteurs étaient connus, il y a un risque réel que ces étalons soient ignorés dans l’élevage.  Ceci n’est pas souhaitable, car malgré le fait d’être porteur, ces étalons sont à même de livrer une contribution positive à l’élevage.  De plus, l’exclusion de deux fois un sur sept étalons (presqu’un tiers) causerait une augmentation injustifiable de l’endogamie, ce qui comporte le risque de l’apparition de nouvelles affections héréditaires.  Voilà pourquoi on a choisi d’instaurer une période de transition.  Pour les étalons admis à partir de l’année 2014, le fait d’être porteur sera publié.  Pendant cette période de transition, la naissance de nains ou d’hydrocéphales pourra être évitée grâce à une coopération entre les éleveurs et les propriétaires d’étalons.

L’élevage seulement avec des animaux exempts du gène, est-ce sensé ?

La probabilité qu’un porteur transmette le gène défectueux à un descendant est de 50%.  En moyenne, 50% des poulains issus d’une combinaison d’un parent porteur et d’un parent non-porteur seront porteurs à leur tour.  Est-ce recommandé d’aspirer à un élevage avec uniquement des parents exempts ?  Le KFPS considère un tel élevage comme vraiment non souhaitable :

  1. L’exclusion de tous les animaux porteurs causera une endogamie accrue.
  2. Des animaux aptes à l’élevage seront exclus, ce qui freinera le progrès génétique.
  3. Maintenant que nous disposons de tests, nous pouvons éviter les accouplements à risque.  Le fait qu’un animal soit porteur, n’est plus une raison valable pour ne pas l’utiliser pour l’élevage.
  4. En évitant les accouplements à risque, les étalons porteurs seront employés moins souvent (une tendance déjà visible avant le développement des tests ADN) ce qui réduira progressivement le nombre de porteurs, et rendra donc l’affection moins importante.
  5. Le KFPS développe des tests pour plusieurs affections.  A terme, cela rendra impossible l’élevage avec uniquement des chevaux non-porteurs.

Comment choisir l’étalon quand la jument est porteuse ?

Dans le cas où une jument, sur base d’un test ADN, s’avère positive pour l’hydrocéphalie ou le nanisme, il est primordial de voir avec le propriétaire de l’étalon envisagé, si l’accouplement est sûr.  Ce dernier dispose de rapports sur des déviations, qui lui permettent de savoir si son étalon est porteur.  En cas de doute, on peut également consulter le KFPS pour un accouplement spécifique d’une jument porteuse (mail@kfps.nl)

Comment tester une jument ?

Prenant en compte le bien-être de l’animal, le KFPS considère qu’il est immoral de faire de l’élevage avec des juments non testées.  C’est la raison pour laquelle le KFPS offre un tarif avantageux pour le test.  Pour 45€, un cheval peut être testé pour l’hydrocéphalie, le nanisme et la couleur alezane.  On peut commander ce test sur le site-web Mijn KFPS.  Le KFPS dispose déjà d’un grand nombre d’échantillons de poils qui peuvent être utilisés pour le test.  Cela veut dire qu’on peut faire la demande du test en quelques clics et sans être obligé de prendre des échantillons de poils. Les membres peuvent bien entendu contacter le KFPS par e-mail ou par téléphone pour commander un test.