par Sarah Hermans

Depuis l'an dernier j'accompagne régulièrement une calèche et de temps en temps on me confie les rênes.  Il me paraissait donc utile de prendre des leçons d'attelage.  Comme on cherchait des sujets pour Jeune BSFP/SBCF cet hiver, j'ai suggéré un exposé sur l’attelage. 
Heureusement Liesbeth et Joke ont encouragé mon idée.  Je savais
déjà où !  Pendant l’exposé de Susan Bouwman, Valérie Deweer m'avait parlé de son mari , de ses leçons, et de son centre d'activités. 
Aussitôt dit, aussitôt fait! Samedi 28 juillet eut lieu l’exposé d'attelage de Gérard Leijten à Spiere-Helkijn près de Courtrai!

De bon matin, Gitte et moi sommes parties de Geel avec nos chevaux.  Après un trajet de 2 bonnes heures, nous sommes arrivées dans la 
belle commune de Spiere-Helkijn.  Les chevaux ont pris  un peu de
repos dans une écurie.  Après avoir déchargé notre matériel et après une visite de ce bel endroit, une ancienne brasserie, nous étions invitées à l’intérieur pour de la  théorie. 
C'est là que Gérard nous a raconté comment il a débuté dans le sport d'attelage.  Incroyable : il y avait une fois une belle calèche de mariage attelée à des chevaux frisons devant l'église...  Il a commencé en tant que groom pour cette calèche, et plus tard il a continué dans le sport d'attelage.  L'entraînement à temps plein de chevaux est venu par le biais d’un Américain qui voulait à tout prix qu'il  entraîne ses chevaux.  Mais Gérard n'avait aucune envie d'émigrer vers les Etats-Unis.  Quelques mois plus tard, le monsieur déclara: si tu ne viens pas, les chevaux viendront à toi!  Et c'est ainsi que les choses se sont passées.  Voilà une bonne occasion d'apprendre plus sur ce qu'est le sport d'attelage

Je n'avais aucune idée du grand nombre de possibilités offertes
par un cheval et sa calèche.  Outre  une randonnée récréative en calèche, on peut faire du dressage, de l’adresse (entre des cônes) ou du marathon.  Il y a des concours comprenant ces 3 disciplines. 

Une autre possibilité: les randonnées d'élégance, qui sont des randonnées associées à des concours.  L'idée est de parcourir ces trajets avec une belle calèche ancienne, en tenue d’époque. 
Pendant le concours, il y a diverses épreuves : par exemple on vous demande de circuler sur un tapis entre des cônes, de vous arrêter entre, juste avant ou juste après des lignes, et même de vous garer en reculant (exactement comme avec une voiture). Le ‘’Mentrec” est une nouvelle forme de concours.  La comparaison avec l'endurance est vite faite,
et après il y a encore une partie d'adresse.  Il y a l'embarras du choix pour notre attelage!

Pendant cette journée, Gérard attachait beaucoup d'importance au contact que l'on doit avoir avec son cheval.  Car de quoi disposez-vous en calèche ?  D’un fouet, mais il ne sert qu'à faire avancer.  De la voix, mais les commandes doivent être claires pour le cheval.  On a par exemple: ”trot, arrière et brave”.  C'est clair pour nous, mais pour un cheval cela fait beaucoup de “r”.  Il vaut mieux les remplacer par ”trot, recule et bien”.  Cela accentue des sons différents.  Finalement il y a encore les rênes.  Il faut affiner l'effet sur la bouche, et comme dans le dressage sous la selle, nous privilégions  un contact égal, de préférence léger sur les deux rênes.  Mais cette “légèreté” diffère d’un  cheval  à l’autre, en lien avec le meneur.

Et puis il était  temps de mettre la théorie en pratique.  D'abord pour Marc et Liesbeth avec Roosje.  Gérard examinait le harnais pour voir si tout était bien mis.  Ci et là  quelque chose fut rectifié, après quoi ils purent prendre le départ.  Un peu plus loin en montant à gauche sur la  route,  un terrain d'exercices qui comprend  une piste de dressage de  100m sur 40, un parcours de cônes et quelques obstacles de marathon.  Commençons donc par le début : la piste de dressage.  Marc et Liesbeth étant peu expérimentés, Gérard leur a expliqué les bases. 

Roosje était super: tout ce que Gérard demandait, elle l’a montré d’excellente façon .  Ainsi, les instructions  étaient clairement compréhensibles,  pour les spectateurs également.

Ensuite ce fut le tour de Gitte avec son poney Ober, la mascotte des Perles Noires de Geel pendant les randonnées attelées.  Ce jeune poney  super-mignon avait été d'une sagesse inquiétante pendant le voyage et à l’écurie.  Pas étonnant donc qu'il commence à batifoler dès que Gérard a pris les rênes.  Apparemment nous sommes trop gentilles avec lui, et il en profite amplement.  Mais ça s'arrête ici. 
Gitte a reçu les explications sur les voltes.  Tout comme en selle, une bonne volte est très difficile à exécuter.  Virer vers l'intérieur sans que le cheval raccourcisse la volte et cela sans jambe intérieure dans une calèche ?  De l'exercice, rien que de l'exercice ...

Après un bon sandwich, ce fut le tour d’ Ivan avec son frison Gyske van het Molenhof. Ivan est un peu comme un fils chez Valérie et Gérard.  Et donc, il connaîssait toutes les étapes dans une leçon de Gérard : voltes, zig-zag, lignes droites, changements de main, serpentines, il maîtrise tout.  Ensuite il monte sur le parcours côné et continue là-bas l'exercice. 

Le défi est d'exécuter une ligne aussi droite que possible entre les cônes.  Si les cônes sont sur une volte, votre volte aura des tronçons droits là où se trouvent les cônes.

Après Ivan ce fut le tour de Baroc avec  moi, un peu nerveuse.  Que fera-t-il ? 
Sera-t-il super sage, ou montrera-t-il les difficultés que nous avons eues récemment?  Le harnais de Baroc est vérifié et ajusté ; on entre en piste.  Volte à gauche, volte à droite et un peu tout droit; Gérard a compris qu’ il ne lâche pas la gauche.  Cela faisait rire Gitte.  Elle monte Baroc sous la selle et connaît bien ces problèmes

Gérard travaille un peu avec Baroc, et me repasse les rênes.  Je dois faire bien attention de le tenir plus court (n'ai-je pas le même problème sous la selle ?) et d'être conséquente et rapide avec les instructions pour Baroc.  Mais le travail intensif porte ses fruits: vitesse diminuée, contrôle augmenté et le voilà qui  commence à se détendre, à courir bien droit et à bouger son corps.  Et oui, on parvient à le faire courir devant la calèche comme il peut le faire sous la selle.  Gérard dira que c'est Baroc qui a subi la plus grande métamorphose de la journée.Après avoir dételé Baroc, Valérie nous a encore offert un bon morceau de tarte.  Vers 18h il était temps de rentrer chez nous  C’est pleines d'enthousiasme que nous pourrons mettre en oeuvre les conseils de Gérard.

Encore une fois un grand merci à Gérard et à Valérie pour leur enthousiasme et leur hospitalité !  Je pense pouvoir parler au nom de chaque participant quand je dis que nous nous sommes bien plues.  Merci !

Inne, Jeune BSFP/SBCF

 

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